Les Feuillets de Lelf

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mercredi, 21 octobre 2009

Gymnaste de l'interview

Les interviews sont de vrais parcours sportifs.

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jeudi, 15 octobre 2009

Levée de bouclier



Un bruit soudain, un geste un peu brusque, un mouvement inattendu aperçu du coin de l'oeil...

L'alarme est déclenchée, les gyrophares rouges projettent des ombres dans tout l'espace disponible. Les troupes sont alertées et se mettent en rang, barrière impénétrable à l'agression présumée. Comme un seul homme, les bras se lèvent, les boucliers se déploient, les genoux de plient pour amortir les chocs. Les émissaires se rendent dans les coins les plus reculés à une vitesse incomparable. La réponse est immédiate, les murs apparaissent presque instantanément, froids, durs, infranchissables.

Tout cela n'a duré qu'une fraction de seconde. Le silence tombe, l'attente est le moment le plus douloureux de la manœuvre. Oreille attentive et regard alentours : fausse alerte. Les troupes se replient, mais laissent une avant-garde, juste au cas où... Des brèches apparaissent dans les fortifications, qui seront facilement comblées à la prochaine attaque. Le message se répand, parfois douloureux pour éparpiller les troupes tendues à l'extrême, les épaules se décrispent, les mâchoires se desserrent. 

Une nouvelle crise est passée. Cependant, la peur est toujours présente, alors que tout danger semble écarté. Est-ce la guerre ? Non. Aucune bataille n'est même à prévoir rapidement. La sécurité ne semble pourtant pas vouloir s'installer, se diffuser, être acceptée. Dans la tête, l'alarme sonne toujours, comme musique de fond, à peine moins fort que lors de l'attaque, perturbant les messages qui vont et viennent à longueur de journée. En avant-poste, les membres ne se relâchent pas, n'ayant pas reçu d'ordre définitif, restant fermé, empêchant tout de passer.

Le bonheur frapperait à la porte, qu'il serait accueilli avec les armes. C'est ce qui arrive quand les dégâts ont déjà été nombreux. Pourtant, pour reconstruire, il faut laisser entrer les matériaux nécessaire. Mais la peur de tout voir s'écrouler paralyse le corps et l'esprit. Existe-t-il une clé permettant d'éteindre l'alarme ? De laisser les messagers répandre la bonne nouvelle ? Certains soldats ont été envoyés en quête, mais si peu... Le gros des troupes a préféré protéger le fort que de trouver le moyen de ne plus en avoir besoin.

Alors la lutte interne a commencé. Optimistes et pessimistes en face à face, les armes ont plus souvent remporté le combat. Pourtant, certaines fois la positivité a gagné et ce furent des temps de paix presque sereine. A la moindre alerte, ils ont repris position, emmurant, protégeant à l'extrême. Pendant que la lutte se poursuit, les bonnes choses ne peuvent pénétrer et l'isolement rend les hommes à moitié fous. Abattre les défenses est une nécessité, mais depuis tout ce temps, plus personne ne sait comment démonter les murs ou quels ordres renverront les troupes au calme de leur foyer. Il faut apprendre, chaque chute faisant reculer autant qu'avancer. Tout cela est décevant et parfois le renoncement est proche. Il est des batailles qui sont plus douloureuses que la guerre même, car elle demande absolument tout de l'individu. 

Mais ce n'est pas en campant sur ses positions que l'on gagne du terrain. Il faut avancer, l'armistice est peut être proche, qui sait ? 

mardi, 13 octobre 2009

Qui mène la danse



En juin 2008, je tombe sur un appel à textes du fanzine Éclats de Rêves. J'ai voulu participer, mais la deadline étant pour le même mois, je n'avais même pas eu le temps de faire mon premier jet avant la clôture de l'appel. Tant pis, j'ai creusé dans mon ordi et retrouvé ça pour vous. Et je lui ai même donné une fin, proche de celle que j'avais dans la tête à l'époque. Ce n'est pas très sérieux, ni même spécialement bien écrit (par rapport à ce que je pouvais faire à l'époque (sweet old days...)), mais c'est léger, ça se lit bien et mon Kromagnon aime. Alors, voilà.



A vous de découvrir maintenant Qui mène la danse...




N.B. : 26 200 caractère environ, 13 pages Word en Arial 13 et interligne 1,5 (donc en fait pas beaucoup de vraies pages et en plus ça se lit vite)



lundi, 12 octobre 2009

Etincelle

C'est fou comme une étincelle peut vite s'éteindre. Vous tournez la tête un instant et un simple coup de vent balaye à la fois la lumière, la chaleur et l'espoir. Mais une étincelle ça s'entretient, ça s'admire, ça doit évoluer. 

Lorsqu'elle est vivace, c'est une chaleur étourdissante qui envahit l'esprit. Si par malheur vous ne la regardez pas assez, si vous ne jouez pas avec elle, le froid prend le dessus et éparpille d'un coup de vent les rares lueurs qui restent. Un jour, vous finissez par vous retourner, par la chercher. Vous la pleurez, vous la regrettez, c'est un manque infini qui se creuse dans votre poitrine.

L'étincelle a la rancune tenace. Même si vous arrivez à attraper une de ces lueurs fugaces, il va falloir souffler dessus gentiment, lui tendre la main, s'excuser et lui montrer toute l'honnêteté du monde. Alors, peut-être qu'elle grandira et qu'elle reprendra sa place. L'effort à fournir est immense, car l'étincelle est exigeante. 

Garder l'espoir de voir renaître votre complicité peut devenir une tâche difficile, mais renoncer serait la voir s'éteindre à jamais. Heureusement, certaines lueurs sont familières, des petits bouts de passé emprunts de magie aident à imprégner la mémoire d'un sentiment depuis bien longtemps oublié.

Il est si facile de la perdre, quand le regard est accaparé par de vils feux follets sans consistance. Mais elle est fidèle, elle place toujours son espoir en vous, malgré la trahison, malgré l'oubli. Alors quand vous la retrouvez, surtout choyez-là et nourrissez-là de vos plus beaux rêves, cette étincelle de liberté.

 * * *

Je n'ai pas le bonheur d'avoir à nouveau retrouvé la mienne, mais pourra-t-elle me pardonner ma deuxième trahison ? Je le pense, je veux y croire. Elle fait partie de moi et je fais partie d'elle. Seule, je deviens un fantôme, j'erre dans le monde sans rien voir ni rien comprendre. Depuis quelques jours, je ressors les projets, les écrits achevés ou à finir, même ceux à commencer ; des bribes de magie qui ne sont jamais loin mais dans lesquels il faut trouver le courage de plonger. Malgré la peur, je rassemble les lueurs pour la faire revivre, aussi forte, aussi belle qu'avant. Elle me manque trop, cette étincelle.

mercredi, 7 octobre 2009

A mardi prochain

« Pour commencer, vous faites « HA ! » avec ce geste quand je dis « 3 ». Après on passera le « HA ! » à son voisin. ». Ça me rappelle fortement quelque chose. Un exercice non réalisé depuis, pfff, deux ans et demi. C'est comme renouer avec un vieux pote - « Tiens, salut Machin, qu'est-ce que tu deviens ? » - et reprendre la discussion comme si on ne s'était jamais quitté.

Après avoir angoissé un max pendant plusieurs jours, notamment dans la journée (vu qu'en plus le texte que j'avais en cours n'allait nulle part...), j'ai franchi la porte de la maison pour aller voir des inconnus en lieu inconnu pour pratiquer une activité connue suivant une méthode inconnue. Bref, beaucoup d'inconnu, pour moi qui ait tendance à ne pas aimer ça. Je m'imaginais déjà les pires situations, me voyant rester à part tout le long, ne pas prendre la parole, repartir le cœur gros, déçue et en pleurs, pour finalement n'avoir aucune activité encore cette année (c'est tout moi ça, optimiste jusqu'à la moelle). Mais il suffisait de marcher cinq petite minutes pour retourner à l'école où se déroule l'atelier.

Ma première impression est qu'ils sont plus âgés que moi en majorité. En vérité, plusieurs filles sont plus jeunes, j'ai juste toujours l'air d'une gamine attardée avec ma queue de cheval éternelle, mes baskets et mon sweat shirt aux couleurs de l'école. Les hommes, assez nombreux, sont en revanche plus vieux. Certains même bien plus vieux. Le genre one man show à eux tout seul, les pitres de service qui se sont enfin décidés à utiliser leurs talents dans un cours.

La deuxième impression est que ces gens là arrivent à se lâcher comme un rien. A part trois filles qui butent visiblement plus sur certains exos (« Bonjour, je m'appelle Bidule et j'ai jamais fait de théâtre »), ça fuse pas mal (les fautes de jeu sont inévitables, mais la réactivité est impressionnante). Il reste cependant des hésitations à se lancer avec de grands blancs entre les groupes le temps que quelqu'un trouve le courage de se lancer. Je me rappelle le mal que j'ai eu à commencer l'impro et je suis presque jalouse. Mais j'arrive à me lâcher aussi. Enfin, la comédie étant assez naturelle chez moi, j'ai beau être pétrifiée de trouille dans cet environnement (pas si) hostile, je me fais déjà remarquer en bien (« très bonne scène de burlesque », « très bon accent italien »). La manière de dire peut paraître prétentieuse, mais je sais au moins reconnaître mes qualités dans ce domaine ; et comme je ne m'en reconnais pas beaucoup, acceptez donc cette petite démonstration de vantardise.

Bien qu'étant un atelier de théâtre, l'improvisation a pris sa place à 100% dans cette soirée de présentation. Très souvent seul, puis en couple devant les autres, nous avons enchaîné les exercices. Présentation personnelle, définition d'un personnage uniquement par sa démarche, utilisation d'une chaise pour tout sauf pour s'asseoir, casting... Pas forcément facile, plein de clichés et de reprise d'éléments télévisuels pour s'appuyer, mais sympathique et bonne entrée en matière pour tout le monde au final. L'animatrice de l'atelier est particulièrement attirée par le burlesque, ce qui me va tout à fait en improvisation. J'espère cependant que pour la partie théâtre nous pourrons expérimenter une palette d'émotion variée, j'en rêve depuis que j'ai fait mes deux pièces de théâtre... burlesques... J'aspire à autre chose. D'un autre côté, pour un loisir à vocation de détente, l'humour est un bon axe de travail. Let's see. Nous sommes sensés entrer dans le « vif du sujet » dès la semaine prochaine.

Bien que tendue à l'extrême comme à mon habitude, je me suis sentie de plus en plus à l'aise pour parler (pas forcément pour trouver les idées...) au fil du temps et j'en ai même profité pour soutenir notre benjamine de 17 ans qui flippait de la façon la plus visible possible et que je ne souhaitais surement pas voir abandonner après le premier cours. J'ai d'ailleurs fait un bout de chemin en sa compagnie en sortant et je me suis trouvée pas mal de points communs avec elle. Très sérieuse, littéraire contrariée qu'on a forcé à aller en ES (ah, une lettre de trop, mais c'est équivalent quand même), visiblement timide en public mais extravertie lorsqu'elle est à l'aise... Bref. Je crois que je me suis déjà faite une copine et je dois lui montrer ce que j'écris (écrivais... pour l'instant) la semaine prochaine. 

Bien qu'elle ait réussi à me dire que j'avais du talent niveau comédie, ce n'est pas (uniquement :D ) pour ça que je me suis attachée à elle. D'ailleurs j'espère bien développer des affinités avec d'autres élèves. J'ai notamment eu une très bonne entente sur scène avec un chauffeur de tram/bus nantais, qui laisse présager de bons moments à passer dans les prochains cours.

Je m'attendais à avoir plusieurs cours d'acclimatation pour juger du groupe et savoir si je serais à l'aise dedans, mais les quelques liens que j'ai déjà pu tisser en plus des observations positives que j'ai pu faire, me laissent penser que les mardis soirs seront bien agréables jusqu'en juin. Ne reste qu'à confirmer, dès la semaine prochaine.

jeudi, 1 octobre 2009

Last day

J'ai roulé sans un regard en arrière (sauf pour m'insérer sur le périph') après avoir mis l'alarme une dernière fois et rendu les clés. Aucun regret. Juste du mal à me dire que c'est fini, qu'il va falloir se créer un nouveau quotidien. Peut être que je redonnerai des anecdotes au fil de ma mémoire et des petits papiers où j'ai noté certains détails et qui jonchent l'appartement. Mais il fallait conclure, tirer un trait. Et comme je sais que je n'ai pas été très positive sur ce travail (qui en absolu n'a pas grand chose de positif aussi), je voulais terminer sur une chose que je n'ai pas abordée : l'environnement de travail et les collègues.

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mercredi, 30 septembre 2009

Jour (presque) ordinaire en station service

Saloperie de réveil. Déjà 4h40... A 5h45 la porte de la station s'ouvre, il reste encore à préparer les pompes et la boutique pour l'ouverture officielle de 6h.

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dimanche, 13 septembre 2009

Retour BD

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samedi, 29 août 2009

Alcool au volant...

Depuis fin juillet, une loi est passée concernant la vente d'alcool en station service. Elle interdit toute vente d'alcool frais et autorise la vente d'alcool stocké à température ambiante de 8h à 18h seulement. Quand on sait que notre clientèle est constituée le matin d'ouvriers et le soir de d'jeunz, il n'est pas difficile de voir le manque à gagner et de deviner les petits soucis qu'a engendrée l'application de cette loi. Ceci dit, j'approuve des deux mains (et même des deux pieds, mais j'ai peur de tomber), vu les comportements liés à l'alcool que j'ai pu apercevoir en moins de deux mois.

J'ai déjà toujours peur quand une personne prend uniquement un sandwich et une bière. Soit elle ne boit pas jusqu'à rentrer chez elle, soit... bibine au volant (mort au tournant). Bon, de temps en temps ceux-là sont accompagnés. Mais quant à savoir qui conduit... mystère.

Le pire que j'ai pu voir, c'était un routier. Camion à peine insérer sur la station, mal garé, bouchant l'accès à la pompe. Le type descend, vient rapidement, se dirige droit vers la bibine, me ramène une bouteille en verre genre Kro ou Ken en me demandant « vous z'avez pas une timballe ? ». Alors moi, déjà « timballe » ce n'est pas un mot qui me parle. « Ben un goblet quoi ! ». Ah, oui. Bon, il repart bouteille et gobelet sous le bras, encore plus pressé. Et plutôt que de débloquer vite fait les accès et repartir joyeusement dans la campagne, son premier réflexe est... de se servir un verre (ouais, je sais, pas vraiment de suspense). Là je blêmis et je passe à autre chose, parce que des cons on en voit tous les jours, même si celui-là met sa vie en danger en plus de la sienne.

Mais bon. La nouvelle loi fait beaucoup parler, surtout nos anciens consommateurs du matin et du soir. Commençons par la pire discussion que j'ai eu avec un habitué passé prendre un café un soir. En gros pour lui, ça ne sert à rien comme loi parce qu'on peut toujours aller au supermarché si on veut vraiment boire. Bon, passe encore. Mais surtout, 4 Kro ça fait même pas virer le ballon alors pourquoi on nous emmerde ? (écarquillement des zoeils, battement rapide des cils, bouche bée, filet de bave en commissure des lèvres). 

En essayant d'amener la conversation sur un terrain sensé, je n'ai pu que me rendre compte que cette personne n'a aucune conscience des dangers de l'alcool au volant et pense que c'est dangereux uniquement si on se sent bourré. Si c'est ça, qu'on interdisse totalement la vente d'alcool en station service. D'ailleurs on va surement y venir. Ce qui est malheureux, c'est que le chiffre d'affaire des boutique est en grande partie dû à l'alcool. 

Mais bref, il ne faut pas boire avant conduire, même une bière, ça ralentit les réflexes de façon pas forcément perceptible et en plus les effets d'une même quantité dépendent de la corpulence et de l'état de fatigue de la personne (entre autre).

En tout cas, ça donne des situations cocasses, les horaires restreints. Un matin un ouvrier allant sur Angers me demande à prendre une bière à 6h du matin. Je lui explique que ce n'est pas possible. Il essaye de négocier : « je te la prends maintenant, je te la paye et tu l'encaisses qu'à 8h ». Ben voyons... Et lui d'enchaîner devant mon refus « et si Sarko il se pointe là et qu'il veut une bière ? » (t'as raison mon gars, je suis mega supporter du Président et je vais même bafouer la loi devant lui...). « Et bien monsieur Sarko irait se faire voir chez les Grecs, comme tout le monde ». Marrant, depuis cet épisode, j'ai l'impression qu'il me respecte plus...

Sinon la plupart du temps j'ai droit aux « c'est vraiment pas possible ? ». Ben non. Surtout pour celui qui passe à 6h du matin et part en me disant « bonne soirée », je crois qu'il n'en a pas besoin. Des fois il y a le chantage implicite « ah mais je ne pourrais pas repasser plus tard » (sous entendu : tu veux faire ton chiffre, file moi mon pack tout de suite). 

Ils sont drôles des fois les clients. Mais pas assez souvent en fait. Et rarement quand l'alcool s'invite dans l'équation.

dimanche, 23 août 2009

Growing again...

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