Si j’étais venue pour récupérer un bout de papier (ou deux), j’ai trouvé ces derniers jours beaucoup plus que ça.

C’est une marraine émue et peinant à faire son discours qui m’a tiré les seules larmes que j’ai versées ce week end. Mais pas des moindres. Ces larmes n’ont pas voulu se retenir, malgré tous les efforts que j’ai pu déployer. A ces quelques bégayements versés dans un micro, j’ai pu vraiment prendre conscience de ce qui se déroulait. Cela faisait cinq ans que j’attendais ce moment. Cinq ans de travail acharné et de souffrance aussi bien que de rencontres et de rires. En cinq ans j’ai changé. J’ai appris à m’ouvrir aux autres, à profiter de la vie. J’ai découvert le théâtre, l’impro, la chorale, aussi bien que l’ambiance d’un amphi à cent vingt personnes, les soirées trop arrosées, et la vie en communauté. Impossible de faire le bilan sur ce que ces cinq ans m’ont apporté. Tant de choses qui se bousculent, tant de moments en tête, bons comme mauvais, tant d’émotions ressenties, tant de temps passé.

Et samedi dernier : la consécration. Enfin ces cinq années ont été reconnues et sont officiellement closes. Mais en fermant ce chapitre de nos vies, ce n’est pas seulement aux études que nous avons dit au revoir. Le lien qui nous unissait, que nous nous connaissions ou non, que nous nous aimions ou non, ne sera pas rompu. Nous avons trop partagé pour que notre histoire s’arrête là. Pourtant on ne nous laisse pas le choix. En nous remettant le papier dans sa belle pochette plastifiée, on nous autorise à partir, prendre notre envol personnel, nous séparer en tant que groupe pour vivre dans l’individualité. Pourtant je sens que malgré la distance, malgré le fait que je n’ai pas été plus intégré que ça à une bonne partie de la promo, le lien qui nous unit, ce numéro de promo qui nous appartient à tous, fait que nous restons malgré tout une entité. Et ce sentiment ramène la nostalgie.

Maintenant nous ne connaîtrons plus nos voisins, nous ne pourrons plus nous rendre visite à des heures pas possibles rien que pour prendre le thé. Finies les après midi télé du dimanche avec les plaquettes de chocolat. Finis les repas au self, maintenant qu’une personne du personnel est officiellement devenue notre marraine. Finies les séances d’impro, de théâtre ou de chorale, qui ont bercé ma vie pendant trois ans, me faisant redécouvrir mon côté artistique et littéraire. Finies beaucoup de choses qu’il serait trop long d’énumérer ici.
Une chose cependant ne finit pas : l’amitié qui nous lie. Au-delà même de la promotion, j’ai rencontré mes meilleurs amis durant ces cinq ans. Que ce soit en prépa, en 5A (et oui les vieux), 4A ou 2A. J’ai vécu les meilleurs moments de ma vie. Et comme elle est loin d’être finie cette vie, je sais qu’il en reste beaucoup à partager avec toutes ces personnes qui me sont devenues proches.

Comme il a été difficile de partir de la salle et de l’école une dernière fois en tant qu’étudiante… Place aux jeunes, d’autres aventures nous attendent, nous entrons dans la vie active. Plein d’émotions se mêlent aujourd’hui alors que la page est déjà tournée. La nostalgie de ne pas avoir pu profiter plus, de vouloir revivre les bons moments déjà passés. Mais aussi la confiance, de savoir que je pars de ces murs en emportant avec moi la certitude de revoir certaines personnes que j’apprécie énormément. Et l’appréhension, devant l’incertitude de la vie professionnelle, qui se mêle à l’espoir de trouver ma voie un jour.

C’est une page qui se tourne et une autre qui s’écrit. Une note décousue qui reflète un esprit où les émotions tourbillonnent et se mélangent sans distinction. Merci à tous ceux qui étaient là. Si vous n’y étiez pas, vous m’avez manqué. Merci à nos parrains, aux amis, aux parents, d’avoir fait de ce week end un instant inoubliable. Merci à mon chéri de m’avoir prêté son épaule pour laisser mes larmes s’écouler et de le faire encore aujourd’hui. Merci à tous ceux qui ont travaillé pour permettre à cette journée d’être telle qu’elle était. Merci et… bon vent.