Toi là. Oui toi. Toi l’homme ou la femme anonyme dans la foule, dont la misérable vie n’est pas rose tous les jours. Toi dont la frustration augmente à la même vitesse que les revenus des plus riches (voire plus).
Je suis sure que tes voisins essayent de faire leur boulot correctement. Ou alors ils t’ont malencontreusement marché sur le pied sans faire exprès parce qu’ils avaient les bras encombrés. Peut être qu’ils ont simplement une sale tronche et des manies qui ne ressemblent pas aux tiennes.
Mais ils se prennent pour qui pour ne pas te voir, pour ne pas te reconnaître et te faire des courbettes ? Pour ne pas faire comme toi et ne même pas essayer de te ressembler un brin ? Un bon pain dans la gueule, voilà qui va redresser la situation. Ramène les autres qui sont comme toi et qui ont subi tous ces affronts en silence. Il est temps. Et tant qu’à faire, la nana que tu croises tous les matins te regarde un peu de travers. Un œil au beurre noir rectifierait la situation (et si elle recommence fais donc le deuxième).

Non, franchement, la violence justifiée, il n’y a que ça de vrai.


***

Je suis malade de voir ce que les Hommes peuvent se faire entre eux pour des raisons qui n’en sont pas. Je me demande comment on en vient à tant d’absurdité, de méchanceté et de violence.
Je ne comprends pas que le premier réflexe est de se dire que les autres ont fait quelque chose de mal, qu’on ne laisse plus le bénéfice du doute, qu’on ne se remette plus en cause.
Je ne comprends pas que lorsqu’on se bat pour une cause qu’on croit juste, on se mette à incendier tout ce qui passe sur le chemin, même si ce sont des infrastructures qui sont là pour nous aider, qui sont en partie à nous, ou à notre voisin qui a aussi ses trois mômes à faire vivre avec un SMIC.
Je ne comprends pas pourquoi lorsque l’on revendique quelque chose pour soi on sabote ce qui appartient aux autres.
Je ne comprends pas que le dialogue n’existe plus et pire, qu’il soit refusé sous prétexte qu’on nous prend forcément pour des cons ou qu’on n’en a rien à faire de nos droits.
Je ne comprends pas cette volonté d’arriver à tout prix à la confrontation, au blocage, à l’issue incertaine, quand les choses pourraient facilement se dérouler sans heurts, dans le dialogue et avec un bénéfice pour toutes les parties.
Je ne comprends pas que l’on pense que tout nous est dû, que les concessions n’ont pas lieu d’être dans les discussions (si encore il y en a) et que nos revendications et nos actions sont forcément justifiées puisqu’elle nous apartiennent.
Je ne comprends pas.
Quelqu’un peut-il me dire comment nous en sommes arrivés là ?