En partant pour l'Essonne hier après-midi je me disais que j'allais bientôt avoir passé mes deux ans de permis sans un seul contrôle de police.

Bon, j'ai déjà perdu un point pour excès de vitesse (en sortie d'agglomération, comme quoi faut pas accélérer avant le panneau), mais d'un autre côté je n'ai pas eu d'accident.

Revenons à nos moutons. Enfin nos poulets. Ce n'est pas faute de prendre la route les week end prolongés ou les vacances. Non. On avait tout tenté. Rien n'y faisait. Juste une paire de jumelles de temps en temps.

Je me baladais donc avec cette idée dans la tête, me voyant déjà poster sur les forums amicaux « yeah, deux ans de permis sans contrôle de police, ça se fête ». Mais c'était sans compter sur mon don prémonitoire.

J'explique : souvent il n'y a aucune raison apparente pour que je pense à quelque chose, pourtant j'y pense ; plus tard dans la journée, on va parler de cette chose aux infos ou un truc va m'arriver qui le concerne. Je vais bientôt mettre une pancarte « extralucide » sur la boîte aux lettres. Peut être que le facteur aura peur du mauvais sort si il ne prend pas soin de mes colis et je n'aurai plus d'ennuis.

Mais je m'égare.

Nous étions en pleine campagne du 9-1 (prononcer neuf-un), à quelques minutes à peine de notre point de chute, en plein milieu de ce village où je me suis chopée ma première prune, quand je vois un point lumineux au loin. J'aurais dû me méfier et accélérer, ne pas laisser de témoin, lancer une course-poursuite (qu'on rigole), penser à mon record des deux ans quoi ! Mais ça aurait pu être quelqu'un qui avait besoin d'aide, dans son gilet jaune, agitant les mains dans un geste de désespoir. Bon, au centre d'un village et avec une voiture de police derrière ce n'est pas crédible. Mais après avoir sacrifié une grass' mat' pour aller à Ikea, avoir sacrifié la sieste pour aller à une (super) dédicace et avoir roulé quatre heures durant avec des maux de dos et des raideurs dans la nuque (mais faites donc une pause pour vous reposer quoi), le neurone fonctionnait de travers (d'ailleurs je crois qu'il est mort, il passera pas le prochain contrôle technique).

Et donc je devine que le machin réflechissant tout jaune me demande de venir m'arrêter. Franchement, un panneau avec « Arrêtez-vous là » suivi d'une flèche ce serait un peu plus parlant que ce langage des signes que même un malentendant ne comprendrait pas.

Je freine donc, m'arrête, oublie d'éteindre le moteur (ah ben oui, Tuture continue d'avancer). « Papiers s'il vous plaît ». Euuuh, les papiers dont je ne me suis jamais servi, ceux qui dorment dans ma sacoche, sacoche pleine de livres ? Je tente de dégager mon sac qui résiste de derrière mon siège et finis par chercher les papiers à l'aveuglette. Il va vraiment falloir que je range mes cartes (bancaires, de fidélité...) un jour, j'ai dû tout sortir avant d'extraire les précieux papiers. Ah, il manque le permis... Bon, le portefeuille... Devant les BD, ça va c'est pas loin (y'avait deux romans aussi).

Et ça relève mon nom, ma date de naissance, mon adresse (ah ah, je suis encore sudiste). Même pas ça me fait souffler dans le ballon. Je me fais arrêter alors que j'allais vers mes deux ans et j'ai pas le droit aux trucs rigolos !

Je boude.