Petite virée au pays des vins ce week end. Mais nous avons passé les caves pour nous arrêter devant la tente plantée à l'occasion de la 16è édition du festival. Une frayeur en arrivant, la ville nous paraît morte, limite glauque avec les cris de corbeau retentissant dans l'air grisâtre de ce début d'après midi.




Après avoir couru le sandwich, nous trouvons le site. Petite salle, petites expos, petite boutique. Le côté simple et non démesuré (après Angoulême hein...) nous plaît tout de suite. Serge Pellé, PoiPoi et Lilidoll sont exposés vers la boutique, de belles planches, de belles couleurs pour certains. Vite visité, mais un plus appréciable en attendant les rencontres avec les auteurs. La boutique est fournie, j'y prends un livre de la maison d'édition des Enfants Rouges (pas évident à trouver, vous vous en doutez).

Mais l'essentiel de notre temps nous allons le passer dans la tente offerte à tous les vents (frais) en face de la salle. Première déception qui vient rapidement : ni Barbara Canepa ni Alfred ne sont là. Déception car je rêvais de pouvoir parler avec Alfred de ses œuvres et de lui demander une interview pour On a marché sur la bulle. Tant pis. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit « première » déception, car il n'y en a en fait pas eu d'autre. A part peut être celle de ne pas avoir amené notre BD « Premières fois », car plusieurs des dessinateurs étaient présents. Mais bon.

Serge Pellé, nous désirions le rencontrer depuis longtemps. A Blois il avait réalisé une fresque superbe et nous sommes tombés amoureux de son dessin. Le bonhomme est en plus très souriant, ravi de parler, de Nantes, des auteurs en général, de Niko Henrichon, voire même du temps. Une bonne introduction à la journée en somme.

Le ton est donc donné : ici l'ambiance est cool. Les Lucha Libre sont à l'honneur et certains mettent le masque. Ça parle, entre auteurs, entre visiteurs, entre auteurs et visiteurs. Tout le monde a le sourire, est détendu. Ça change des grosses structures, on se rapproche de la convivialité de la dédicace en librairie. C'est génial.






A côté de tous ces bavards et ces souriants, Christophe Gaultier apparaît un peu comme un extra-terrestre. Comme d'habitude je le questionne sur l'œuvre que j'amène (Clichés Beyrouth 1990 – un truc « vieux » d'après l'auteur ; ben oui : 2005) mais je peine à lui arracher quelques anecdotes. Pas refroidie, j'attaque avec sa nouveauté (Le Suédois), je lui dis ce que j'en ai pensé (enfin j'essaye, pas facile de savoir quoi penser de ce livre), la communication s'établit un peu, mais bon, c'est pas la grande amitié. Sympa quand même, après tout, tout le monde ne peut pas être spontané, ouvert et bavard.

Bavard, c'est un qualificatif qui correspond à merveille à Jérôme D'Aviau / PoiPoi. Grands gestes, grands sourires, réponses à rallonge sur nos questions, blagues... ne manquait que le café pour nous réchauffer. Nous parlons également d'autres auteurs, dont ses scénaristes (Loïc Dauvillier, Sibylline). Deux dédicaces, une pour chaque pseudo invité, deux styles différents, une BD adulte et une enfantine, mélange à l'image de son caractère.




Romuald Reutimann a été très remarqué grâce à la saga Cité 14, où se mêlent tous genres de codes et de styles. Également blagueur, jovial, il nous parle de son scénariste qu'il admire visiblement. Comme je n'ai pas lu toute la série, il me parle un peu plus en détail du concept, en commençant par la conception. Intriguée par un de ses crayons, il me le montre de près en m'expliquant l'aspect pratique de l'engin. Bref, Romuald est super sympa et agréable comme tout, en plus de dessiner parfaitement bien, en toute modestie de sa part.




Mais j'ai gardé le meilleur du jour pour la fin. Car si Alfred n'était pas présent, Olivier Ka (voir photo de l'interview au dessus), scénariste de « Pourquoi j'ai tué Pierre » et romancier, était bien présent. Et comme un scénariste a moins de monde et fait ses dédicaces plus rapidement, nous avons pris tout notre temps pour bien discuter avec lui. Très touchée par sa BD, je lui pose des questions sur son expérience et partage la mienne avec lui, pour lui faire comprendre à quel point cette œuvre m'a touchée. Je lui parle également de ma grande sensibilité et de mon envie de pratiquer un métier en relation avec l'art. Il m'encourage sincèrement. Bouleversée par cette rencontre, en plus de n'avoir pas encore pris assez de recul avec ma lecture, je suis au bord des larmes lorsque nous partons de sa table. Une rencontre marquante, inoubliable, avec une personne fantastique.

Voilà. Le festival était petit, il y avait peu de monde, il faisait froid. Mais la chaleur humaine qui se dégageait sous cette tente valait bien dix étés torrides. Merci à Michaël Roux, grâce à qui ce festival vit aussi bien et rassemble de si belles personnes. A nouveau, je repars des étoiles dans les yeux et le cœur.





P.S. : Pour voir les dédicaces de cette journée, rendez-vous sur la page correspondante