L'autre soir, je regardais une tristement célèbre émission de télé réalité qui essaye de trouver des chanteurs (no comment, not the point), lorsqu'un sentiment depuis longtemps oublié m'a envahie. La puissance de la scène, l'adrénaline du spectacle, la tornade qui emporte du lever au tomber de rideau... Un manque. Violent. Douloureux. L'envie de sentir à nouveau les planches craquer sous mes pas, de stresser dans l'attente du lever de rideau, rire intérieurement en trouvant un visage plus que familier dans la salle. Retrouver ces battements de cœur qui rendent la vie si intense.

Retrouver un peu de magie pure. Ma foi en l'Art. Ma foi en moi-même.

Écrire, jouer sur la scène, chanter. Peu importe. Juste envie de m'exprimer. De retrouver ces instants où je me sens enfin à l'aise avec ce qui m'entoure. Enfin moi même.

J'ai relu quelques textes de ce blog, comme une photo vers un moi passé. Passé mais non révolu. Endormi, parfois. Puis le malaise se réveille. Une torture mentale, jusqu'à ce que je me rappelle ce qui me fait vibrer.

A chaque fois qu'on me dit de penser à ce que je je veux, professionnellement, où je me vois, à faire quoi... je sens la scène sous mes pieds ou je me vois écrire devant mon ordinateur. Dur à accepter, du à vivre, quand on essaye de s'intégrer dans une société qui glorifie l'entreprise. Mais jusqu'à maintenant je n'ai pas été à l'aise en entreprise et je ne connais pas les conditions nécessaire pour que je me sente bien devant un bureau.

Je suis désespérée, troublée, angoissée, perdue. Je sais ce que je veux et je le refuse. Parce que c'est dur, parce que je cherche la transition la plus paisible possible. J'ai peur du monde extérieur, il me ressemble si peu.

C'est pour ça que lorsque je pars en festival notamment, je reviens avec des étoiles dans les yeux et le cœur gonflé d'espoir. Parce que là bas, je rencontre des personnes qui font écho à ma sensibilité. Je me sens à l'aise parmi eux, je les comprends, je ressens ce qu'ils ressentent. Et eux ont réussi. Eux me montrent que c'est possible, même dans la douleur. Certes, il faut se battre constamment, contre le système et aussi contre soi, pour ne pas se laisser aller, pour finir une nouvelle, un livre, un projet. Mais quand ils tiennent le résultat entre leurs mains, ils savent pourquoi ils ont souffert. J'aimerais moi aussi comprendre, tenir ma production entre mes mains. Mais je sais aussi que je ne suis pas encore prête et qu'il me reste beaucoup de travail à accomplir, de courage à trouver.

Après plusieurs années à douter, à me poser des questions, puis à enfin trouver ce qui me plaisait, ce qui me donnait mon identité propre, je doute encore aujourd'hui. C'est douloureux. Et j'ai du mal à accepter cette douleur. Surtout avec des souvenirs aussi intenses que mes quelques pas sur scène. J'aimerais m'épanouir. Je sais que ça peut prendre du temps. J'espère juste arriver à mes fins un jour... Un jour prochain...