Ca y est. C'est la rentrée, le retour de l'automne, bientôt du chômage... Hum. Mais surtout, c'est la saison de reprise des festivals BD. Et après 2,5 mois de travail en station (que je supporte de moins en moins), j'avais mérité ma petite virée en Vendée.

Bien que le premier festival de Bédée tenait ses portes ce week end, nous avons préféré la 10è édition d'Abracadabulles à Olonne-sur-mer. D'une part pour le cadre (une petite virée à la plage quand on en a marre des files), d'autre part pour Frédéric Peynet (dessinateur de la série "Le Feul" entre autre) qu'un certain autre blogueur anonyme connaît bien et dont il nous avait parlé en bien. Le jeune homme avait l'air sympa et nous adorons son trait, il nous paraissait naturel de tenter de le rencontrer.

Il faisait chaud, il faisait beau. La route sur départementale était agréable, même si le chemin fut un peu chaotique à trouver. Nous avions pour but de revoir les auteurs déjà rencontrés, de suivre un peu les animations et de rencontrer F.Peynet.

Le premier sur la route fut Olivier Martin, dessinateur de la série "Les Carrés", rencontré à Story BD en juin dernier. Toujours aussi fou, accompagné d'un autre dessinateur un peu fou (Stéphane Heurteau, que j'ai déjà eu l'occasion de croiser plusieurs fois à Story BD aussi), nous avons profité de l'occasion pour prendre le 2è tome. Ce qui fut un bon prétexte de discussion pour revenir le lendemain lui causer quelques minutes. Une belle entrée en matière sur une bonne rigolade.

La première fois que nous avions rencontré Morgann ("L'Ivresse des fantômes"), nous avions pour mission de faire faire une dédicace pour Meuble. Ayant lu et apprécié la série et afin de soutenir à notre modeste échelle la vie des albums, nous avons acquis la trilogie peu de temps après. Une petite chronique sur BDGest afin de redonner un peu de visibilité avait également suivi (attention, je suis impartiale dans mes chroniques, même pour soutenir une série). J'aimerais beaucoup que Meuble le rencontre, lui qui est tant fan de la série. Je suis sure qu'ils s'entendraient bien. Ils ont certains traits de personnalités assez semblables. D'ailleurs une organisatrice a subit la personnalité "affirmée" de l'auteur qui a refusé d'arrêter ses dédicaces (le vin d'honneur avec le maire allait être retardé...). Bon point pour lui, qui n'a pas voulu pénaliser la personne qui restait derrière nous et la personne avec qui il avait rendez-vous ensuite.

Et bien sûr, mon petit coup de coeur de ce week end s'appelle Jung et il a fait une magnifique BD sur son parcours d'enfant adopté : "Couleur de peau : Miel". Le 2è tome m'a particulièrement marquée, car il y parle de sa crise identitaire et de sa relation avec sa mère. Autant dire des thèmes qui me parlent (et qui parlent à beaucoup de monde en fait). L'auteur était très abordable et très ouvert, ce fut une rencontre assez belle, même si un peu courte. Au moins nous avons appris que le film tiré de la BD sera bien tourné. Je suis curieuse de voir comment l'univers si particulier de Jung aura été retranscrit. 

Le dimanche ce fut le temps des promenades sur la plage, des mains dans l'eau, du sable dans les chaussures et du ramassage de cailloux qui brillent. Juste le temps de s'ouvrir l'appétit avant d'aller s'envoyer une bonne grillade de boeuf.

Les scénaristes se font assez rares en festival et nous avons eu la chance de discuter un bon moment avec Jean-Charles Gaudin (Le Feul, Marlysa, L'Assassin royal...) que nous n'avions jamais rencontré. C'est un auteur très ouvert, avec qui nous avons partagé nos visions pessimistes du monde et tenté de trouver des petites solutions pour que les choses aillent mieux. C'est toujours très intéressant de refaire le monde avec un auteur de BD, a fortiori avec un scénariste comme lui.

Dernier de la journée, Frédéric Peynet, pour qui nous avons eu un ticket de dédicace (sur 12 seulement) par chance (bon moment, bon endroit). Malheureusement, une dédicace est vite passée et à part parler de notre ami commun et de sa femme (talentueuse coloriste), nous n'avons pas pu parler de son travail (un comble). J'espère donc avoir l'occasion de le revoir (et puis sa femme aussi) pour faire plus ample connaissance des artistes et de leurs techniques.

Ce festival nous a fait reprendre en douceur la route de la BD, petit échauffement en attendant le grand St Malo et son Quai des Bulles fin octobre. C'était assez agréable, il y avait plein d'animations, pour les enfants notamment. Nous avons beaucoup apprécié l'impro BD : 5 auteurs, 5 dessins, chaque auteur passant 2 minutes sur chaque dessin, ce qui donne un beau patchwork de styles au final. Les dessins étaient au final vendus au enchères. Et quand Crisse (Atalante) et Granov (Iron Man) sont de la partie, les chiffres volent un peu plus haut (même si le maximum atteint a dû être de 140€).

Une mention spéciale pour Alexe, qui a reçu un prix lors du festival, elle le mérite bien. Son dessin est vraiment bon et s'améliore au fil du temps. Bon courage à elle pour sa série en cours : "Lancelot".

Et des petites surprises ponctuent parfois une fin de semaine comme ça. Elle s'est présentée sous la forme d'une BD d'occasion, de Guido Buzzelli. Vieille BD de la grande époque des Humnaoïdes Associés, elle m'a permis de redécouvrir une oeuvre que j'avais lu étant petite et par la même occasion de retrouver d'autres titres du même auteur (que maintenant je recherche). Cet auteur est assez monstrueux. Dans les années 70/80 il faisait de la SF mêlée de fantasy et de post-apocalyptique. Un mélange culotté dont l'originalité n'a jamais été égalée.

Bref, malgré un n-ième carton rouge pour certaines pratiques de chasseur de dédicace, ce fut un bon petit week end pour changer de la traditionnelle visite en librairie (promis, on revient la semaine prochaine).