• Le ravalement de façade réapprend à vivre en communauté.

Ben oui, à force de vivre avec autant de proximité avec autant de gens, on a fini par se regarder le nombril pour ne plus voir les autres. Mais avec le ravalement de façade, difficile d'ignorer l'ouvrier qui de bon matin atterrit sur votre terrasse et vous surprend en petite tenue en train de prendre le petit déjeuner. Les autres sont toujours là, il ne faut pas l'oublier.

  • Le ravalement de façade fait apprécier les petites choses de la vie.

Certes, en automne la lumière baisse, le ciel se fait gris, les journées sont courtes et on se dit : « vivement le printemps ». Cependant, d'être enfermée à longueur de journée dans ma propre maison, je me rends compte que ces faibles lumières et ces quelques rayons de soleil sont tout de même bien précieux et qu'ils suffisent à éclairer nos journées. 

En attendant, j'apprécie l'éclairage électrique, lui aussi bien indispensable, ce dont je me suis rendue compte le premier jour quand, une fois plongée dans le noir, les plombs ont sauté par trois fois.

En plus d'apprécier la lumière, ça fait apprécier le silence et le calme, après une journée d'allers-venues devant les fenêtres et d'usages d'engins en tout genre.

  • Le ravalement de façade force à la zen attitude.

Déjà, quand on est forcé à vivre dans le noir. Puis quand les plombs sautent. Surtout quand les machines (ponceuse, karsher...) chantent à tue tête sur les murs. Particulièrement en entendant des gens parler juste derrière le petit rideau en plastique qui sert de volet. Iiiiinnnspirer. Accepter. Faire avec. Et puis avec un peu de chance, c'est la dernière semaine. Hein ? Dites ? La dernière ? Siouplé ?

  • Le ravalement de façade apporte des visiteurs inattendus.

Je ne parle pas seulement des ouvriers, dont les deux seules rencontres ont consisté à me surprendre en culotte devant mon bol de céréales (assise, heureusement) et à me demander de rentrer mes plantes toute seule (le citronnier pèse son poids et mon jean en a gardé des traces). Non. Je parle de visiteurs à quatre pattes qui trouvent bien pratique d'avoir des échelles sur mesure pour grimper jusqu'aux terrasses du troisième. Du coup quand on ouvre le volet sur la nuit noire en fin de journée, on peut voir des ombres bouger et des petits museaux pointer leur nez. Notre visiteur le plus régulier est un beau chat gris foncé aux yeux verts. Belle bête. Des fois il s'arrête devant une fenêtre et miaule silencieusement, des fois qu'on le fasse entrer. Ça anime.

Non, décidément, on tire plein d'enseignements d'un ravalement de façade.

Vivement que ça s'arrête...