J'adore la fin d'année en général, pour la course aux cadeaux de Noël. Ça m'amuse de chercher ce qui plaira au papa, au chéri ou à la grand-mère. Pour ceux qui font des listes, ils dévoilent un bout de leur personnalité en même temps. Puis après, il y a l'hésitation, la recherche de la combinaison de cadeaux optimale pour faire plaisir et pour pouvoir fêter Noël à plusieurs endroits éventuellement.

C'est là que ça se gâte. Parce qu'il y a des chômeurs professionnels qui n'ont pas droit aux Assedics et qui ont donc un budget limité. Et même qu'ils aiment faire plaisir et qu'ils ne veulent oublier personne. Flûte.

Alors sachant qu'il y aura deux fêtes de Noël, donc deux familles (même si pas nombreuse de chaque côté) et un chéri aux deux endroits, comment faire en sorte de ne pas doubler le budget ? Là, cherchez pas, y'a pas de bonne réponse. Il y a aussi les impératifs : choisir dans la liste quand certains ont des goûts de luxe (non mais franchement, des intégrales, j'vous jure), d'autres dont il faut épargner les yeux pendant la lecture (exit les livres de poche), prendre un truc qui plaira et qui ne restera pas un an inutilisé (comme un livre offert à Noël dernier à peine entamé, suivez mon regard)... 

Bref, c'est l'alerte (comme celle qui dit que le compte est dans le rouge - quoique la mienne a pas fonctionné la dernière fois), on sort les plans de bataille, on étudie les stratégies, on motive les troupes. Lorsqu'il n'y a qu'un seul cadeau, ça roule à peu près tout seul. Surtout que quand on trouve une idée, on est déjà bien content et on ne cherche pas plus loin. Mais quand il y en a plusieurs, il faut sortir le stratège de luxe. Le bon sens veut que le livre soit l'ami du fauché. Bien. Mais... BD ? Comics ? Romans ? Français ? Anglais ? Fichus bilingues... Et encore : série complète ? juste un début ? Mais surtout : Mamma mia, est-ce que ça va plaire ?

Parce qu'un petit truc, c'est que quand on n'a pas d'argent on n'a pas vraiment envie de le dépenser "pour rien" si je puis dire. Le geste fera toujours plaisir, mais si il plaît, la rentabilité est assurée (psychologiquement). Bon, pour un bouquin, au mieux ça aura occupé quelques heures (si encore il est lu...). Mais il est normal de chercher à être absolument sûr et certain, en organisant les cadeaux potentiels les uns par rapport aux autres en fonction des potentiels "surprise" et "goût personnel". Parce qu'il faut que ça plaise, mais pas que ce soit trop prévisible, sinon c'est moins drôle (enfin, s'il n'y a pas de liste évidemment). Mais si on veut être sûr que ça plaise, jusqu'où aller dans la surprise ? (je pense que si j'offrais le dernier Marc Levy à Belgarion, il serait vraiment, totalement, absolument surpris, mais j'ai comme un doute sur l'adéquation avec son plaisir de lecture habituel). Etc, etc.

La dernière étape vient une fois que les pions sont mis en place. La liste est faite, il ne reste qu'à acheter pour tout le monde en évitant soigneusement de faire le total des achats sous peine d'arrêt cardiaque. Et là, c'est le drame. Au moment de commander/prendre en magasin, là, sur la ligne du dessous/l'étagère d'à côté... l'ultime tentation : "mais ça lui plairait vachement ce truc, j'y avais pas pensé". N'écoutez pas cette voix, c'est le diable qui parle, qui essaye de vous détourner de votre but, de retarder encore l'achat final et le repos de la conscience, et ce de façon d'autant plus sournoise que, oui, ça lui plairait cette saleté de chose à côté. Il ne reste plus qu'à être plus fort que cette voix, se jeter à l'eau, prendre ce qui était prévu, payer et repartir vite, très vite, loin de ces tentations.

Seul reste à faire le paquet cadeau, la détente après avoir été durement éprouvé, pour peu que ce fichu papier tienne en place - et crotte qu'est-ce qui m'a pris d'acheter ce papier brillant plastique qui glisse et pourquoi j'ai pas trois mains. Un autre élément à prendre en compte est de ne pas faire une unique pile des cadeaux ainsi faits, mais de les répartir dans plusieurs sacs, loin du regard et sans prendre conscience de la quantité. Bon, il reste également les imprévus liés à internet : quand ça va arriver ? pourquoi le colis est toujours pas pris en charge ? est-ce que je vais avoir le temps de les emballer avant de sauter dans la voiture pour rejoindre la famille ?

Il restera toujours quelques interrogations de ce genre, mais maintenant, il n'y a plus qu'à attendre le jour merveilleux où ils ouvriront leurs paquets, auront les yeux remplis d'étoiles de bonheur et de gratitude, vous sauteront au cou, parce que décidément, personne ne les connaît mieux que vous et la magie de Noël opèrera. Vous serez autorisés à vous évanouir de soulagement, après avoir ouvert vos propres paquets. Ouf !